On n'arrête pas le progrès !

Le Figaro Madame
On n'arrête pas le progrès !


TECHNOLOGIES ISSUES DES CELLULES SOUCHES, EXPLORATIONS GÉNÉTIQUES, MAQUILLAGE 100% HIGH-TECH… ÇA BOUGE DANS LES LABOS, ÇA BOUILLONNE DANS LES ÉPROUVETTES! JAMAIS NOS CHERCHEURS N’ONT TRAVAILLÉ AUSSI VITE POUR NOUS RAJEUNIR, NOUS AMINCIR, NOUS EMBELLIR. LE POINT SUR LES DERNIÈRES RÉVOLUTIONS COSMÉTO ET CELLES À VENIR.



SECRETS D’ACTUALITÉ
Mais qu’est-ce qui fait courir les blouses blanches de la beauté en ce moment ? Deux énormes chantiers : les cellules souches et les protéines de longévité (les sirtuines pour les intimes), des travaux prometteurs mais fort complexes qui n’en sont qu’à leurs balbutiements. Certaines marques, comme Dior ou L’Oréal, ont pris un train d’avance pour arriver avant tout le monde car, comme dit Steve Jobs, monsieur Microsoft : « La meilleure façon de prédire le futur, c’est de le créer. » Voici comment débute le nouveau chapitre de la lutte anti-âge.

BIENTÔT, UNE PEAU DE RECHANGE
Les cellules souches, tout le monde en parle, mais à part les bacs + 12, bien malignes celles qui comprennent tout. Quelques bases pour démarrer…
Ce que l’on savait. Isolées à la fin des années 90 dans les embryons, ces cellules sont capables de se transformer en n’importe quel tissu du corps humain (os, muscle, nerf, sang…), ouvrant ainsi d’impressionnantes perspectives médicales mais posant de gros problèmes éthiques.
Ce qu’on a découvert. Il existe des cellules souches adultes enfouies dans tous les organes, y compris la peau. Elles ne peuvent pas tout faire comme les cellules embryonnaires, mais elles assurent le bon état de leur tissu d’origine et, au besoin, son renouvellement. En cas de blessure, par exemple. Un espoir formidable pour la médecine régénérative (ainsi chez les grands brûlés, on pratique des autogreffes de peau à partir de l’épiderme sain des patients) et… la cosmétique.

QUOI DE NEUF, DOCTEURS FAUST ?
« Il existe environ 5 % à 10 % de cellules souches dans l’épiderme, que nous avons réussi en partie à repérer et à isoler, déclare le Pr Carlo Pincelli, dermatologue et directeur du laboratoire de recherche de biologie cutanée de l’université de Modène, avec lequel collabore la recherche LVMH. On a remarqué qu’elles sommeillaient dans des sortes de niches écologiques, essentielles à leur intégrité. Or ce micro-environnement se révèle très sensible aux UV et au stress oxydatif. »
Dans nos rêves. On pourrait obliger ces cellules souches à se réveiller plus souvent pour nous fabriquer une peau toute neuve, toute jeune, toute fraîche.
Dans la vraie vie. « Pas question de toucher aux cellules souches, de les multiplier ou de les stimuler, précise Édouard Mauvais-Jarvis, directeur de la communication scientifique de Dior. Non seulement on ne sait pas encore le faire, mais ça ne serait pas sans danger. D’ailleurs, quand la peau se renouvelle tout le temps, ça donne… le psoriasis. Pour l’instant, on veut juste aider ces cellules mères à faire leur job le mieux possible, leur aménager une niche bien douillette pour qu’elles vivent en paix. Le but : protéger les mamans pour que régulièrement elles accouchent de cellules filles en pleine forme. Ce sont ces dernières qui doivent se multiplier pour combler les rides et repulper la peau. »
Les crèmes nurses. Eh oui, elles sont déjà là. La ligne Capture R60/80 XP de Dior contient un arsenal très impressionnant de technologies antirides avec, cerise sur l’ADN, un nouvel actif breveté (dérivé de la vitamine E) qui déploie sa couverture anti-agression autour de la couveuse à cellules souches.

Total Lift Minceur de Clarins assure à lui seul, 41% des ventes des produits décapitonnants en parfumerie.

La fin des cheveux blancs

Chez L’Oréal, spécialiste des peaux reconstruites, l’équipe de Bruno Bernard étudie depuis vingt ans les cellules souches présentes dans le follicule pileux (poil et cheveux). « Ces mères porteuses sont clairement localisées et passionnantes car, contrairement aux cellules souches de l’épiderme, hyperspécialisées, celles-ci ont plusieurs cordes à leur arc, indique Bruno Bernard. En boîte de Petri (utilisée pour la culture de cellules), on peut déjà fabriquer de la peau à partir des cheveux. Les épilations définitives peuvent d’ailleurs induire des problèmes de cicatrisation, faute de cellules souches. »
Ces précieuses réserves conditionnent aussi le blanchiment des cheveux… Et leur chute. À quand l’engrais miracle ? Notre expert refuse catégoriquement de répondre. Les manipulations cosmétiques ne sont pas à l’ordre du jour, mais des soins pour améliorer la niche, pourquoi pas ?

Le fleuron de la recherche Guerlain, Sérum Orchidée Impériale.

LA CELLULITE RÉVERSIBLE
Chez Lierac, on s’intéresse aussi de près aux cellules souches. Celles de l’hypoderme, là où se nichent les adipocytes, ces mini-usines qui stockent et déstockent le gras pour fournir de l’énergie à l’organisme. Vous savez, ces « bonnes copines » qui peuvent augmenter jusqu’à cent fois leur volume et se multiplier tout au long de la vie. En gros, celles qui tricotent nos capitons.
La découverte : les fibroblastes (les cellules qui fabriquent le collagène) et les adipocytes (celles qui fabriquent le gras) ont la même origine. Elles occupent telle ou telle fonction sous l’influence de certains signaux, entre autres hormonaux. On sait aussi que dans certains cas, lors d’un jeûne prolongé, par exemple, les adipocytes peuvent revenir à l’état initial et sécréter du collagène…
L’idée ? Créer un concentré anti-cellulite qui reprogramme les adipocytes, les oblige à revenir à la case départ et à faire le bon choix… Comment ? Avec de la glaucine, une plante de la famille du pavot, qui permet de réduire le nombre des cellules graisseuses et d’augmenter la synthèse de collagène, donc la fermeté. In vitro, ça marche.
Sur nos cuisses : Morpho-Slim, une agréable émulsion couleur pêche qui combine caféine et glaucine. Sorti au printemps dernier, le produit a depuis bénéficié de plusieurs études cliniques qui évaluent son efficacité. Verdict : jusqu’à – 40% d’aspect capitonné en 56 jours, – 1,9 cm de tour de cuisse en moyenne, une peau plus ferme et plus souple… Dont acte.

LES SOINS QUI ARRÊTENT LE TEMPS
Mais qu’ont donc les centenaires de plus que nous ? Des enzymes, ou plus exactement des sirtuines, appelées aussi protéines de longévité, qui participent au système naturel de défense de l’ADN. C’est en faisant la carte du génome humain, en avril 2003, qu’on a compris à quoi elles servaient. Vous voyez, nos grosses têtes n’ont pas perdu de temps.
L’idée ? Sur les sept sirtuines identifiées à ce jour, on s’intéresse surtout à la numéro un, qui régule la durée de vie des cellules de l’épiderme. En la stimulant, on espère augmenter leur longévité, et ainsi les aider à se protéger, à se réparer, à produire tranquillement les lipides, les protéines… qui assurent une belle peau, jeune et rebondie. Comment augmenter son taux de sirtuine 1 ? En mangeant moins de 1000 calories par jour… (Bon courage !) Ou en faisant confiance aux nouveaux soins anti-âge. À chaque marque, sa stratégie et son actif fétiche.

Vingt-trois brevets en cours, une molécule exclusive issue du resvératrol, un pot et une texture haut de gamme… La Crème Suprême Jeunesse Re-Nutriv d’Estée Lauder vous aide à vieillir moins vite… dans le luxe.
Resvératrol, resvératrol… Ça ne vous dit rien ? Oui, c’est l’actif phare de Caudalie, qui en profite pour signaler que sa ligne anti-âge agit aussi sur la synthèse des sirtuines.
La crème de Sharon, Capture Totale, lutte contre tous les signes du vieillissement et réveille la production de sirtuines avec de la centuline, un concentré de peptides signé Dior.
La fine fleur des soins Guerlain, Orchidée Impériale, a six cibles d’action, dont les protéines de longévité. À découvrir, le Sérum, encore plus concentré, et la Crème Riche pour les peaux sèches.
Mieux que bio, la gamme anti-âge NovExpert a éliminé de ses formules tous les ingrédients écologiquement incorrects mais ajouté une plante marine greffée de sucre qui boosterait l’expression des sirtuines et augmenterait de 20 % la longévité cellulaire (points de vente au 01.60.12.77.44).

Relaxante, Crème Bénéfiance NutriPerfect, Shiseido.

LA CRÈME TRANQUILLISANTE...

Les champions de l’aromacologie, la science des odeurs ? Les Japonais. Parmi eux, les cinq cents chercheurs des laboratoires Shiseido.
Le constat : à la cinquantaine, avec les caprices hormonaux, la peau change beaucoup, devient plus fine, plus sèche, plus molle, plus fragile, et les soins habituels déclarent forfait. C’est aussi l’âge où on commence à dormir moins bien, ce qui n’arrange rien, car on découvre à quel point le stress et la fatigue altèrent le renouvellement cellulaire.
L’idée ? Proposer une crème qui non seulement agit sur tous les signes de vieillissement mais a aussi un réel effet psy.
La nuit venue, on va se coucher avec Benefiance Nutri-Perfect de Shiseido. Pour ses multivitamines, pour son nouvel actif exclusif anti-âge et anti-fatigue, la Carnosine DP, et… pour son parfum. Cet accord de lavande, de marjolaine, de cèdre et de santal a été tout spécialement conçu pour « stabiliser l’esprit et favoriser la relaxation ». Testée sur quarante Françaises en manque de sommeil, il lui a suffi de quinze jours pour embellir leurs nuits.
Bon à savoir : la crème de jour a, elle aussi, son parfum antistress, juste un peu plus tonique (Benefiance NutriPerfect de Shiseido, en février).

... ET LE SOIN RÉVEILLE-MATIN
Mauvaise nuit… Sale teint. Helena Rubinstein, en partenariat avec l’International Longevity Center-France, l’a prouvé : plus que la quantité, c’est la qualité du sommeil qui compte. Et pour faire de doux rêves, il faut assez de mélatonine, l’hormone du sommeil, dont la production décroît avec l’âge. Sa crème Prodigy Night Tissular contient une microalgue qui aide la peau à se régénérer malgré la baisse de mélatonine ainsi que de l’essence d’ylang-ylang à l’action relaxante. Ce soin ne traite pas l’insomnie mais ses conséquences sur la peau.
Testée dans le service du Pr Léger à la clinique du Sommeil de l’Hôtel-Dieu sur vingt femmes fâchées avec Morphée mais habituées à mettre une crème de nuit, elle a étonné tout le monde. Si bien que les résultats seront publiés dans une revue scientifique. En trois semaines, les cobayes ont vu l’hydratation, la tonicité et l’éclat de leur visage s’améliorer.

LA COULEUR SANS COULEUR
Quoi de plus magique que les reflets moirés des ailes de papillons ou des scarabées ! S’agit-il de pigments précieux ? Pas du tout, juste des rayons lumineux réfléchis et diffractés sur des écailles de chitine transparentes. Mais allez apprivoiser la lumière en labo! L’Oréal s’y est pourtant essayé. « Avec des équations mathématiques très compliquées et des matériaux spéciaux, on oblige la lumière à nous obéir », explique Sylvie Guichard, directrice de la communication scientifique pour le maquillage.
Qu’est-ce qu’on gagne ? « Non seulement des rendus couleurs inédits, mais on évitera aussi tous les problèmes d’innocuité existant avec les pigments chimiques. Oubliés les problèmes d’irritation et d’allergies. »
En pratique : la technologie encore débutante fait ses premiers pas dans la nouvelle gamme de maquillage L.U.C.I de Lancôme avec le rouge à lèvres Color Fever Shine, le Color Fever Gloss et la poudre Photonic. Totalement blancs à l’œil nu, ils prennent des couleurs sur la peau comme par magie. Un sourire, et les lèvres se moirent de reflets changeants en fonction de leur surface, de leur carnation, de l’éclairage. Ainsi, chaque femme a son maquillage personnalisé. « Pour l’instant, il ne s’agit que de reflets, précise Sylvie Guichard, mais bientôt, on pourra obtenir de vraies nuances. » On a hâte de voir.

Le fond de teint traitant

Le maquillage soin… On connaît depuis des lustres mais, la plupart du temps, on se contente d’ajouter des agents hydratants, adoucissants ou repulpants dans une formule. Aujourd’hui, on va plus loin. Les ingrédients eux-mêmes ont des propriétés traitantes. Par exemple, certains tensioactifs, indispensables pour lier l’eau et l’huile d’un fond de teint, ont maintenant aussi un pouvoir lissant. À tester avec Âge Re-Perfect de L’Oréal Paris, le fond de teint des peaux matures, et Photogenic Lumessence de Lancôme, qui aplanit les reliefs du visage pour mieux réfléchir la lumière.

LE DÉMAQUILLANT QUI DÉPOLLUE
Savez-vous pourquoi le maire de New York a fait planter des tulipiers dans Central Park ? Parce que ses feuilles sont recouvertes d’une cire qui capte les polluants de l’air, notamment les hydrocarbures en forte hausse. Une initiative qui n’a pas échappé aux laboratoires Chanel, lesquels ont désormais leur plantation de tulipiers près de Dax.
Dans la salle de bains. Après avoir isolé les molécules intéressantes de cette cire, Chanel vient de l’intégrer dans sa nouvelle ligne de démaquillants qui captent les polluants de l’air comme des aimants. Il faut juste attendre juin pour en profiter. En attendant, pour sauver votre planète Peau, n’oubliez pas Expertise 3P de Clarins, une brume qui vous protège des ondes électromagnétiques. Elle a déjà un an mais reste toujours une première mondiale. Trop en avance ?


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